PORTUAIRE - Conflit au Moyen-Orient : des répercussions directes sur les ports normands
Paris-Normandie - 4 mars 2026
[…] La guerre au Moyen-Orient perturbe fortement les routes maritimes internationales, avec des conséquences immédiates pour les ports du Havre et de Rouen. Détournements de navires, retards logistiques et hausse des coûts fragilisent les échanges.
Des routes maritimes bouleversées
La situation géopolitique entraîne une paralysie partielle des routes stratégiques, notamment dans le détroit d'Ormuz et le canal de Suez. Plusieurs compagnies, dont CMA CGM, ont décidé de suspendre leurs passages dans la zone et de dérouter leurs navires via le cap de Bonne-Espérance. « Le passage par le canal de Suez est suspendu jusqu'à nouvel ordre », a indiqué l'armateur dans un message à ses clients.
Des impacts en cascade sur les chaînes logistiques
Ces perturbations entraînent des retards, des annulations de réservations et une réorganisation des flux, avec des reports vers des ports alternatifs. Des cargaisons, notamment de céréales au départ de Rouen, sont ainsi immobilisées dans la zone. Selon Thomas Courtier, directeur de l'Union portuaire de Rouen, « des désorganisations en cascade sont à prévoir », avec un risque de congestion des ports de report jusqu'en Asie.
Une hausse des coûts et des incertitudes
La crise s'accompagne d'une augmentation des coûts de transport, avec des surcharges pouvant atteindre 2 000 à 4 000 dollars par conteneur. Si l'impact sur le trafic conteneurisé au Havre devrait rester limité à court terme, les flux énergétiques pourraient être davantage affectés. Cette situation souligne la dépendance des échanges européens à des zones géopolitiques sensibles.
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Ports et Corridors - 9 Mars 2026
[…] Malgré des investissements et une stratégie nationale relancée depuis 2021, les ports français peinent à renforcer leur position dans le trafic conteneurisé européen. Face à la domination des grands hubs du nord et du sud de l'Europe, leur part de marché reste stable, révélant un déséquilibre structurel durable.
Une stabilité qui masque un manque de progression
Entre 2021 et 2025, les ports français ont maintenu leur part de marché dans le trafic conteneurisé, sans pour autant réussir à la faire progresser. Cette stabilité peut être interprétée de deux façons : elle traduit une certaine résilience dans un contexte de croissance globale du trafic, mais aussi l'absence de gain face à des concurrents européens plus dynamiques.
La domination du Benelux au nord
Sur la façade nord, Rotterdam et Anvers-Bruges concentrent à eux seuls près de 60 % du trafic conteneurisé, avec respectivement 14,2 millions d'EVP et 28,7 % de part de marché pour le port belge. Face à ce duopole, Haropa Port ne dépasse pas 6,7 % en 2025 et Dunkerque plafonne à 1,6 %, malgré des projets d'investissement importants.
Une concurrence intense en Méditerranée
Au sud, la situation est tout aussi contrastée. Les ports espagnols dominent largement : Valence capte à lui seul 37,6 % du marché avec 5,7 millions d'EVP, tandis que Barcelone renforce sa position de hub régional. Dans ce contexte, Marseille-Fos atteint 9,6 % de part de marché en 2025, en recul par rapport aux années précédentes.
Des atouts encore insuffisamment valorisés
Malgré leur position géographique stratégique et les investissements engagés, notamment sur l'axe Seine ou à Dunkerque, les ports français peinent à rivaliser avec la puissance logistique et les connexions multimodales de leurs concurrents. Cette situation interroge plus largement l'efficacité de la politique portuaire française et la capacité des infrastructures à capter davantage de flux.