Les besoins en recrutement restent solides sur le littoral normand
Malgré un ralentissement des intentions d'embauche en Normandie, les entreprises industrielles continuent d'investir dans leurs compétences. C'est l'un des principaux enseignements de l'enquête Besoins en Main-d'Œuvre (BMO) 2026 de France Travail : si les recrutements reculent de près de 10 % à l'échelle régionale, l'industrie manufacturière demeure le secteur où les entreprises recrutent le plus volontiers. Une tendance qui confirme le rôle stratégique des filières industrielles et maritimes dans l'économie normande.
Une industrie qui continue de recruter
En 2026, 30,6 % des établissements de l'industrie manufacturière prévoient de recruter, soit la proportion la plus élevée de tous les secteurs économiques. Au total, plus de 8 200 projets de recrutement sont recensés dans l'industrie manufacturière.
Les besoins concernent notamment le matériel de transport (1 360 recrutements), la métallurgie (1 260) ainsi que les industries de l'énergie et des déchets (1 250), autant de filières qui irriguent l'économie bleue normande.
Les territoires maritimes toujours en première ligne
Sans surprise, les principaux bassins d'emploi se concentrent autour des grands pôles industriels et portuaires.
Le bassin du Havre recense 7 370 projets de recrutement, le Nord-Cotentin 5 548, tandis que Saint-Lô - Coutances atteint 6 759 projets. Les territoires de Caux-Maritime, Fécamp ou encore Lillebonne restent également très actifs. À l'échelle départementale, la Manche demeure le territoire où les entreprises sont les plus nombreuses à prévoir des recrutements (26,7 % des établissements).
Cette géographie recoupe largement celle des grands projets industriels régionaux : Energies Marines Renouvelables, nucléaire, logistique portuaire, construction et réparation navales, métallurgie ou encore chimie.
Les compétences techniques restent sous tension
Si les difficultés de recrutement diminuent globalement en Normandie, les métiers techniques demeurent parmi les plus recherchés.
Les ouvriers des secteurs industriels représentent encore 11 553 projets de recrutement. Certaines professions restent particulièrement difficiles à pourvoir, notamment les pêcheurs et aquaculteurs, dont 84 % des recrutements sont jugés difficiles, mais aussi les chaudronniers-tôliers, les conducteurs d'équipements d'usinage ou les mécaniciens. Ces métiers sont au cœur des activités industrielles et maritimes de la région.
Un enjeu majeur pour les filières maritimes
Au-delà des volumes de recrutement, l'étude met en évidence un enjeu partagé par de nombreuses entreprises de l'économie bleue : attirer et fidéliser les compétences.
La montée en puissance des filières industrielles liées à la transition énergétique, aux infrastructures portuaires, au naval ou à la maintenance crée des besoins durables en main-d'œuvre qualifiée. Dans ce contexte, la formation, l'attractivité des métiers et les passerelles entre secteurs apparaissent plus que jamais comme des leviers essentiels pour accompagner le développement économique du littoral normand.
Les chiffres clés
- 100 692 recrutements prévus en Normandie en 2026
- 30,6 % des établissements industriels prévoient une embauche (1er secteur régional)
- 8 217 recrutements dans l'industrie manufacturière
- 11 553 projets concernant les ouvriers des secteurs industriels
- 7 370 recrutements prévus dans le bassin du Havre
- 5 548 dans le Nord-Cotentin
- 84 % des recrutements de pêcheurs et aquaculteurs sont jugés difficiles