La si attendue PPE 3 !
La Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3), publiée par décret le 13 février 2026, fixe la feuille de route énergétique de la France pour la période 2026-2035. Attendue de longue date par les acteurs industriels, cette publication intervient toutefois après plus de deux ans de décalage par rapport au calendrier initial.
Initialement envisagée dès 2023, puis annoncée successivement pour le printemps 2025, l'été 2025 ou encore la fin d'année, la PPE3 a fait l'objet de multiples reports liés à des arbitrages politiques, des concertations prolongées et des désaccords sur les orientations énergétiques. Ce glissement du calendrier a entretenu une incertitude forte pour les filières industrielles, en particulier dans les énergies marines, retardant certains investissements et appels d'offres structurants, notamment dans l'éolien en mer.
Malgré ce contexte, la PPE3 confirme l'accélération de la stratégie française en matière d'énergies marines renouvelables, avec un double objectif : massifier le déploiement de l'éolien en mer – posé comme flottant – et structurer durablement la filière hydrolienne.
Sur l'éolien en mer, la PPE3 s'inscrit dans une trajectoire de montée en puissance industrielle, avec la poursuite des appels d'offres et l'extension progressive des capacités installées. L'éolien posé, déjà engagé sur plusieurs façades maritimes, constitue le socle de cette dynamique, tandis que l'éolien flottant entre dans une phase décisive. Ce dernier ouvre de nouvelles perspectives, notamment sur des zones plus profondes, avec des projets commerciaux à venir qui doivent permettre de franchir un cap en matière d'industrialisation et de compétitivité.
Parallèlement, la PPE3 envoie un signal structurant pour l'hydrolien, en confirmant un objectif de 250 MW installés, avec un premier appel d'offres commercial attendu d'ici 2030. Cette annonce marque une étape clé pour la filière, longtemps restée en phase expérimentale, en lui apportant la visibilité nécessaire pour engager des investissements à grande échelle et structurer une chaîne d'approvisionnement pérenne.
Dans ce contexte, le projet NH1, développé au Raz Blanchard en Normandie, illustre concrètement cette transition vers l'industrialisation. D'une capacité de 12 MW, ce projet pilote vise à valider une nouvelle génération de turbines hydroliennes, tout en préparant le passage à des fermes commerciales de plus grande envergure. Soutenu par des financements européens et nationaux, NH1 joue un rôle structurant en matière de réduction des coûts, de maîtrise des risques techniques et de mise en place des cadres réglementaires et environnementaux nécessaires au déploiement à grande échelle.
Au-delà de sa dimension technologique, NH1 contribue également à l'ancrage territorial de la filière, en mobilisant les ports et l'industrie régionale, notamment en Normandie, pour renforcer les capacités industrielles et logistiques. Il participe ainsi à la construction d'un écosystème complet, allant du développement des projets à leur exploitation.
L'ensemble de ces orientations traduit une volonté claire : faire des énergies marines renouvelables un pilier du mix énergétique français. Entre montée en puissance de l'éolien en mer et structuration progressive de l'hydrolien, la PPE3 dessine une trajectoire industrielle ambitieuse, désormais clarifiée mais longtemps attendue par les acteurs du secteur.