EMR - Plus d'un millier d'emplois sur le port de Cherbourg, sous réserve de signature

Postée le 05/01/2026

La Presse de la Manche - 12 décembre 2025

[...] A Cherbourg, le port confirme sa place stratégique dans le développement des énergies marines renouvelables, avec une visibilité qui s'inscrit désormais sur le long terme.

« Pour le port de Cherbourg, la visibilité de notre développement est de 10 ou 15 ans », assurait fin 2024 David Margueritte, alors président de la SPL Cherbourg Port. Une affirmation que la dynamique actuelle semble conforter, tant les projets se succèdent sur le terre-plein dédié aux EMR. Tandis que les équipes portuaires sont encore mobilisées par la fabrication des jackets destinés au parc éolien de Dieppe-Le Tréport, d'autres perspectives se dessinent déjà à moyen et long termes.

Pour accompagner cette montée en puissance, Ports de Normandie, propriétaire du port, porte un projet structurant : la construction d'un nouveau quai lourd de 140 mètres, dans le prolongement du quai des Flamands. Baptisé "quai 0", cet équipement, estimé à 30 millions d'euros, pourra supporter jusqu'à 50 tonnes par mètre linéaire. Il a vocation à désengorger le port de commerce et à servir de base logistique arrière pour les grands projets éoliens en mer. Le site, d'une centaine d'hectares, est déjà mobilisé pour les parcs de Courseulles-sur-Mer et de Dieppe-Le Tréport, et pourrait accueillir à l'avenir ceux de Centre Manche 1 et peut-être 2, deux champs éoliens de forte puissance attendus au large du Cotentin. Le projet a franchi une étape importante avec la concertation préalable, clôturée à l'été, avant la transmission du dossier au commissaire enquêteur en vue d'une enquête publique début 2026.

Toutefois, la concrétisation de cette extension reste suspendue à un élément clé : la signature d'une convention d'occupation temporaire du domaine public avec une coentreprise porteuse de projets de parcs éoliens en mer d'Irlande. « On espère une réponse au premier trimestre 2026 », confie Philippe Deiss, directeur général de Ports de Normandie, tout en reconnaissant que « s'ils ne viennent pas, nous ne serons pas en mesure de concrétiser ». L'équation financière dépend également d'une subvention de 10 millions d'euros sollicitée auprès de l'Ademe.

Au-delà des infrastructures, les enjeux d'emploi sont considérables. Les perspectives évoquées localement font état de l'arrivée possible de 1 500 salariés sur le port. En cas d'accord, Bouygues Travaux Publics serait chargé de fabriquer une soixantaine de fondations gravitaires de grande dimension, similaires à celles du parc de Fécamp. « Lors du pic d'activité, nous pourrions effectivement dépasser le millier d'employés », anticipe Philippe Deiss, soulignant l'impact économique majeur que pourrait avoir ce projet pour le territoire.

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