EMR - Le mat de mesures de Fécamp, un outil scientifique dont l'avenir reste incertain

Postée le 28/10/2026

22 octobre 2026 – Mer et Marine

[…] Installé au large de Fécamp en 2015, le mât de mesures utilisé lors du développement du parc éolien est devenu une plateforme de recherche consacrée aux interactions entre les installations offshore et leur environnement.

Exploité depuis 2023 par France Énergies Marines dans le cadre du programme DRACCAR, il permet de collecter des données sur les conditions météorologiques, la biodiversité et le comportement des structures en mer. Malgré son intérêt scientifique, son avenir reste incertain en raison des coûts d'entretien et des difficultés à sécuriser son financement.

Une infrastructure dédiée à l'observation en mer

Fabriqué au Havre, le mât de mesures atteint 90 mètres de hauteur et pèse environ 1 800 tonnes.

 

Initialement installé pour caractériser les conditions du futur parc éolien de Fécamp, il a permis de mesurer le vent, les vagues, les courants, la température et différents paramètres environnementaux. L'infrastructure a également servi à tester des équipements, notamment les LiDAR flottants d'Akrocéan, ainsi qu'à préparer des opérations de maintenance offshore avec plusieurs acteurs de la filière.

Un programme de recherche mobilisant 51 partenaires

Depuis son transfert à France Énergies Marines en 2023, le mât accueille les travaux du programme DRACCAR. Doté d'un budget de 13,5 millions d'euros sur cinq ans, ce projet rassemble 51 partenaires industriels, académiques et institutionnels, dont plusieurs établissements normands. Les recherches portent notamment sur le comportement des structures, les phénomènes hydrosédimentaires, l'avifaune et les mammifères marins. Le programme DRACCAR-MERMAID développe par exemple des outils d'observation automatisée et des modèles d'intelligence artificielle destinés à analyser les données environnementales.

Un coût d'exploitation difficile à couvrir

La maintenance de cette installation en mer représente plus de 100 000 euros par an. France Énergies Marines étudie différentes possibilités pour générer de nouvelles recettes, notamment la qualification d'équipements, les essais techniques et la commercialisation de données. L'autorisation d'occupation temporaire arrivant à échéance fin 2028, un démantèlement est également envisagé si les financements nécessaires ne peuvent être réunis. Cette éventualité pourrait néanmoins constituer un nouveau sujet de recherche consacré aux méthodes de démantèlement offshore, à la valorisation des matériaux et aux impacts environnementaux.

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