EMR - Energies marines : à trop regarder les trains passer

Postée le 28/01/2026

Le Marin - 16 janvier 2026

[…] Alors que l'éolien en mer bénéficie d'un regain de soutien à l'international, la place de la filière française sur le marché mondial suscite de vives interrogations. Plusieurs signaux positifs sont observés à l'étranger : l'Espagne a lancé un appel à projets doté de 212 millions d'euros pour préparer ses ports au déploiement de l'éolien offshore, tandis que le Royaume-Uni a attribué des contrats de rachat de l'électricité permettant une capacité record d'installations. Même aux États-Unis, la justice a autorisé la reprise du chantier du parc Revolution Wind, malgré des oppositions politiques.

Dans ce contexte dynamique, la filière française apparaît fragilisée par l'absence persistante de programmation pluriannuelle de l'énergie. Ce retard a pesé sur l'attractivité du marché national, alors que la France aurait pu lancer l'un des plus importants appels d'offres européens, avec un potentiel de 10 GW.

Certains acteurs majeurs, à l'image de RWE, privilégient désormais d'autres marchés jugés plus lisibles et plus stables.

Parallèlement, l'Espagne s'impose comme un concurrent sérieux pour le déploiement de l'éolien flottant et pour l'attractivité portuaire, alors même que la France avait engagé des démarches similaires dès 2022. À force de retards et d'hésitations, le risque est désormais de voir la filière nationale manquer une dynamique mondiale en pleine accélération : « à trop regarder les trains passer, on finit parfois par ne jamais monter dedans ».

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Londres approuve l'installation d'une capacité « record » de nouveaux projets

Le Figaro - 14 janvier 2026

[…] Le gouvernement britannique a approuvé, à l'issue d'un appel d'offres, de nouveaux projets d'éolien en mer représentant une capacité de production « record » de 8,4 gigawatts. Cette puissance permettra, à terme, d'alimenter environ 12 millions de foyers en électricité et constitue « la plus importante commande publique d'énergie éolienne en mer de l'histoire du Royaume-Uni et de l'Europe ».

Cette décision s'inscrit dans une stratégie énergétique ambitieuse. Le Royaume-Uni vise une couverture de 100 % de sa demande en électricité par des sources décarbonées d'ici 2030, avec l'objectif de devenir un exportateur net d'électricité. L'éolien, terrestre comme offshore, constitue un pilier central de cette politique, plaçant le pays parmi les plus avancés d'Europe en matière d'énergies renouvelables.

Les projets retenus, portés notamment par le groupe allemand RWE, devraient permettre de mobiliser environ 22 milliards de livres d'investissements privés et de soutenir près de 7 000 emplois. Les organisations professionnelles saluent une dynamique génératrice de croissance et d'emplois, tandis que Greenpeace UK souligne le rôle du vent comme « meilleur combustible pour réduire les prix élevés de l'énergie ».

Ce succès marque un contraste avec l'appel d'offres de 2023, resté sans candidat en raison de prix réglementés jugés trop bas. Leur relèvement a permis de relancer l'intérêt des industriels, même si certaines voix alertent sur un possible impact à long terme sur les factures des consommateurs.

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La Pologne fait quasiment carton plein avec son appel d'offres éolien en mer

Le Marin - 2 janvier 2026

[…] La Pologne a largement réussi son premier appel d'offres concurrentiel pour l'éolien en mer, en attribuant des contrats de rachat de l'électricité (CFD) pour 3,435 GW de projets sur un objectif initial de 4 GW. Trois projets ont été retenus par l'Autorité de régulation de l'énergie (URE) : Baltic East (900 MW) porté par Orlen, Baltica 9 (975 MW) développé par PGE, principal producteur d'électricité du pays, et Baltyk 1 (1 560 MW) mené par Polenergia en partenariat avec le norvégien Equinor. Seul le projet Baltica 1 de PGE n'a pas été sélectionné.

Les tarifs de rachat retenus se situent dans une fourchette relativement étroite, comprise entre 113 et 117 euros le MWh, pour une durée de 25 ans, proche du plafond fixé entre 115 et 121 euros le MWh. La mise en service des parcs est prévue à l'horizon 2032.

La présidente de l'URE, Renata Mroczek, s'est félicitée du succès de cette première procédure concurrentielle, qualifiée « d'événement majeur de la transition énergétique » du pays. En marge de cet appel d'offres, RWE a annoncé la cession de son projet Few Baltic II (350 MW) à PGE, estimant que l'énergéticien polonais est mieux positionné pour en assurer le développement, ce projet disposant déjà d'un CFD.

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